Les programmes passent, SALT reste…

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Témoignage de Jean Louis Lamboray, représentant de Belcompetence et de Constellations lors du Global Learning Festival qui s’est tenu à Bandung (Indonésie) en octobre 2018.

22 octobre, Bandung. Pak Sonny prend la parole devant environ 70 participants au Global Learning Festival (GLF), organisé par Indocompetence . Visiblement ému, il explique pourquoi il a pris l’avion pour se rendre de Papouasie au Java occidental. « La Papouasie a connu de nombreux programmes de lutte contre le sida, a-t-il déclaré. Ils sont venus et sont allés. Ce qui nous est resté c’est SALT, car SALT nous a permis de comprendre ce que nous pouvions faire par nous-mêmes ». J’ai pleuré. Il y a 6 ans, un changement de direction avait anéanti nos espoirs de soutenir la Papouasie au-delà du soutien initial du FNUAP. Cependant, SALT continue de stimuler les réponses locales de la population de Papouasie. Contrairement à mon inquiétude, notre relation avec Sonny et ses pairs était vivante.

De nombreux participants ont pris la parole en public au GLF pour la première fois. Ce moment de partage de leur expérience unique les a transformés de personnes sans visage dans le besoin en personnes irremplaçables, actrices principales de leur vie. Parce qu’ils sont fascinés par les chiffres, les programmes traditionnels ont tendance à considérer les personnes comme étant interchangeables dès lors que les indicateurs sont satisfont leurs responsables. La GLF a contesté ce point de vue.

SALT permet de changer la vision du monde. Il remplace la vision mécanique d’un monde plein de carences en une vision organique du monde aux possibilités infinies. Des centaines de milliers de communautés locales, d’associations et même de sociétés vivent selon cette vision du monde. Elles vivent en harmonie car pour elles, ce qui est essentiel, c’est de prendre soin. Prendre soin de soi, prendre soin des autres, prendre soin de la nature à laquelle nous appartenons tous. Cependant, tant que ce mode de vie restera limité à une petite minorité, les programmes actuels visant à répondre à un nombre croissant de besoins continueront de s’épuiser car ils découragent la communauté de se prendre en charge. Tant que la vision du monde mécanique prévaudra, le soutien politique et institutionnel aux systèmes vivants demeurera fragile et éphémère.

Un jour, le monde atteindra un point critique : la nécessité de vivre en harmonie deviendra une évidence. Le GLF était un pas petit mais significatif vers ce point.

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